Quelques-uns pensent que ce dicton est né d’une allusion à l’échec qu’éprouva Lesdiguières, lorsque, voulant surprendre Grenoble, il en fut repoussé à coups de pierres. Quelques autres le font venir des rixes si fréquentes, dans cette ville, entre les compagnons du devoir et les cordonniers, dont les uns voulant chasser les autres, les poursuivent à coups de pierres.
GRENOUILLE.—Faire le métier de la grenouille.
C’est boire et babiller; double occupation des ivrognes.
Il n’est pas cause que les grenouilles n’ont point de queue.
On sait que les petits des grenouilles, ou les tétards, ont une longue queue qui disparaît à mesure que leur corps se développe. C’est sur ce changement, regardé par le peuple comme un phénomène merveilleux, qu’est fondé le dicton, dont on se sert ironiquement pour signifier qu’un homme ne fait rien d’extraordinaire, qu’il n’a pas la moindre intelligence.
GRIBOUILLE.—Il est fin comme gribouille, qui se cache dans l’eau, de peur de la pluie.
On trouve dans le recueil de Philippe Garnier: Il est aussi sot que Dorie, qui se cache dans l’eau, de peur de la pluie. Gribouille et Dorie sont des êtres imaginaires, des types de la sottise de certaines gens qui, pour éviter un inconvénient, se jettent dans un autre inconvénient encore plus grand.—On dit aussi, c’est un gribouille, pour un sot, un imbécile, un niais. Borel pense que ce nom vient du grec γρυτοπώλης (regrattier, fripier). D’autres le croient forgé à plaisir.
GRIGOU.—C’est un grigou.
Un misérable qui n’a pas de quoi vivre; un avare fieffé qui se refuse jusqu’au nécessaire. Ce mot dit Roquefort, vient de l’italien grieco, ou de l’espagnol griego, qui a la même signification. L’abbé Morellet le fait dériver du latin gregarius.