Ceux à qui Dieu veut du bien meurent jeunes.
Proverbe fondé sur l’opinion des philosophes qui comptaient la mort au nombre des biens. Il rappelle l’aventure de Cléobis et Biton, jeunes Argiens, cités par Solon à Crésus comme parfaitement heureux. Revenant vainqueurs des jeux olympiques, ils arrivèrent chez leur mère Cydippe au moment où elle devait se rendre, sur un char traîné par des bœufs, au temple de Junon, dont elle était la prêtresse. L’heure pressait, et les bœufs n’étaient pas là. Les deux frères s’attelèrent au char et conduisirent leur mère, qui les bénit et pria Junon d’accorder à leur piété filiale la récompense qu’elle jugerait la meilleure. Après la cérémonie, ils soupèrent avec Cydippe, s’endormirent d’un profond sommeil, et, le lendemain, ils furent trouvés morts dans leur lit.
Ce proverbe est réfuté par un raisonnement de Sapho, qu’Aristote nous a conservé dans sa Rhétorique (liv. II, ch. 23): La mort est un mal, disait Sapho, et la preuve que les dieux en ont jugé ainsi, c’est qu’aucun d’eux n’a encore voulu mourir.
JOCRISSE.—C’est un jocrisse.
C’est ce qu’on dit d’un benêt qui se laisse mener par sa femme, qui s’occupe des soins les plus bas du ménage. On sait que la fonction la plus importante des jocrisses français est de mener les poules pisser; celle des jocrisses grecs et latins était de les traire. Deux choses que les seuls jocrisses peuvent supposer faisables.
JOSSE.—Vous êtes orfèvre, monsieur Josse.
Ce proverbe, qu’on applique à un homme qui donne un avis intéressé, est de l’invention de Molière, qui l’a employé dans la 1re scène du 1er acte de l’Amour médecin. C’est la réponse que fait Sganarelle à l’orfèvre Josse, qui lui conseille d’acheter une belle garniture de diamants, ou de rubis, ou d’émeraudes, comme le meilleur moyen de rendre la santé à sa fille malade.
JOUEUR.—De deux regardeurs il y en a toujours un qui devient joueur.
Il est bien rare qu’on ne devienne pas joueur quand on prend plaisir à voir jouer. C’est pour n’avoir point su éviter l’occasion de voir jouer, que des milliers de malheureux, entraînés du spectacle à l’action, ont perdu leur fortune, leur honneur et quelquefois leur vie. Le quatrième concile d’Orléans, voulant préserver les ecclésiastiques de ce danger, leur défendit de voir jouer, sous peine de trois ans d’interdiction.
JOUR.—Ce qui se fait de nuit paraît au grand jour.