La profession que l’anobli avait exercée et dans laquelle il s’était enrichi, était rappelée dans les lettres de noblesse qu’il obtenait. On peut rapporter à ce proverbe le mot de Ménage: Que les armoiries des maisons nouvelles sont, pour la plus grande partie, les enseignes de leurs anciennes boutiques.

Noblesse oblige.

Proverbe qui se retrouve dans le passage suivant d’un ancien auteur: Hoc unum in nobilitate bonum, ut nobilibus impoposita necessitudo videatur, ne à majorum virtute degenerent. Il n’y a que ceci de bon dans la noblesse, c’est qu’elle semble imposer à ceux qui naissent nobles, l’obligation de ne pas dégénérer de la vertu de leurs ancêtres.—Ce proverbe, qui retrace l’esprit et le caractère de la vraie chevalerie, enseignait à nos anciens nobles qu’ils avaient plus de devoirs à remplir que les autres hommes, et que, pour ne pas deroger à leur naissance, ils étaient tenus de se signaler par la pratique des vertus civiles et militaires. C’est, sous une autre expression, le même précepte que leur fesaient entendre les hérauts d’armes dans les tournois: Souvenez-vous de qui vous êtes fils et ne forlignez point.

Si la noblesse n’est point un mérite, elle est du moins un avantage; et, quoi qu’en disent les docteurs en libéralisme qui affectent de la mépriser, ils ne persuaderont jamais aux gens sensés que ce soit un point de départ inutile, dans la route de la vertu, que de descendre d’une famille illustre. La mémoire et le respect des aïeux deviennent toujours une source de généreuses inspirations.

NOCE.

Allez-vous-en, gens de la noce,
Allez-vous-en chacun chez vous.

C’est le début et le refrain d’une vieille chanson. «Cette chanson, dont on ne connaît ni l’origine ni la date, dit M. A.-A. Monteil, nous a été sans doute apportée par les siècles précédents, comme les Contes des Veillées des bonnes gens, qui ne sont que les fabliaux du XIIe et du XIIIe siècle. On prétend qu’elle fut faite pour le mariage de l’économe roi Dagobert et de l’économe reine Berthilde, sa femme.»

Il ne s’est jamais trouvé à pareilles noces.

Il n’a jamais éprouvé un pareil traitement.—Cette locution est fondée sur un usage pratiqué jadis en Poitou, après les repas d’épousailles. Tous les convives, en sortant de table, n’avaient rien de plus pressé que de mettre leurs mitaines et de se donner les uns aux autres des coups de poing qui fesaient plus de bruit que de mal. C’était un exercice mnémonique, institué par la joie, pour rendre plus durable le souvenir de la fête dont on venait de jouir; mais il dégénéra, dans la suite, au point de rappeler le combat des Centaures et des Lapithes aux noces de Pyrithoüs, rixa debellata super mero: ce qui en nécessita l’abolition. Rabelais n’a pas oublié cette singulière coutume dans la description qu’il a faite des noces du seigneur de Basché (liv. IV, chap. 14): «Pendant qu’on apportoit vin et espices, coups de poing commençarent trotter. Chicquanous en donna nombre au prestre Oudart. Soubs son suppellis avoit Oudart son guantelet caché; il s’en chausse comme d’une mitaine, et de daubber Chicquanous, et de frapper Chicquanous; et coups de jeunes guantelets de touts coustez pleuvoir sus Chicquanous. Des nopces, disoient-ils, des nopces, des nopces: vous en soubvienne. Il fut si bien accoustré que le sang lui sortoit par la bouche, par le nez, par les aureilles, par les œilz. Au demourant, courbatu, espaultré et froissé, teste, nucque, dours, poictrine, bras et tout.»