Puis les enfants s’agenouilloient,
En criant Noël sans cesser.
NŒUD.—Trancher le nœud Gordien.
Se tirer par une mesure vigoureuse et prompte d’une difficulté embarrassante.—Gordius, père du roi Midas, avait un chariot dont le joug était attaché au timon par un lien fait d’écorce de cornouiller, et tellement entrelacé qu’on ne pouvait en découvrir ni le commencement ni la fin. Ce lien inextricable s’appelait nœud Gordien ou nœud de Gordius. Il était religieusement conservé à Gordium, en Phrygie, dans le temple de Jupiter, et un oracle promettait l’empire de l’Asie à celui qui viendrait à bout de le dénouer. Alexandre-le-Grand, s’étant rendu maître de Gordium, voulut prouver que le succès d’une telle entreprise lui était réservé. Il fit plusieurs tentatives pour délier le nœud mystérieux; mais, voyant que son adresse serait en défaut, et craignant que ses soldats n’en tirassent un mauvais présage, il prit le parti de le trancher avec son épée; et par ce moyen, dit Quinte-Curce, il éluda ou accomplit l’oracle.
NORMAND.—Répondre en Normand.
Les Normands sont accusés de manquer de sincérité. De là cette expression pour dire que l’on répond d’une manière équivoque. Du reste, ce n’est pas d’aujourd’hui qu’on fait un tel reproche aux Normands. Le roman de la Rose les donne pour soldats à Male-Bouche.
Male-Bouche, que Dieu maudie,
Eut souldoyers de Normandie.
Un Normand a son dit et son dédit.
D’après l’ancienne coutume de Normandie, les contrats ne commençaient à être valables que vingt-quatre heures après la signature; et il était permis aux parties de se rétracter avant l’expiration de ce délai. C’est ce qui donna lieu, dit-on, à l’expression proverbiale.
Qui fit Normand, fit truand.
Truand est un vieux mot synonyme de mendiant, et dérivé de tru, autre vieux mot employé dans le sens de tribut, impôt prélevé sur chaque sujet. Les Normands furent, dit-on, appelés truands, parce qu’ils étaient si accablés d’impôts, que presque tous les paysans et les ouvriers étaient obligés de truander ou de mendier pour vivre.