O
O.—Rond comme l’O du Giotto.
Expression reçue parmi les peintres pour désigner une figure parfaitement ronde.—Le Giotto, élève de Cimabué, était un célèbre peintre Toscan, qui fit oublier son maître, et fut regardé comme le régénérateur de la peinture. Il venait de terminer les six grandes fresques du Campo Santo de Pise, dans lesquelles il avait représenté les misères et la patience de Job, lorsque le pape Boniface VIII, qui voulait l’employer à Rome, envoya auprès de lui un de ses gentilshommes pour juger si son mérite égalait sa réputation. Le Giotto, piqué de ce que le Saint-Père paraissait douter de ses talents, refusa obstinément de remettre à l’envoyé des dessins que celui-ci a lui mandait; mais prenant une feuille de papier, il y traça, sous ses yeux, au courant du crayon, un cercle parfait qu’il le pria de présenter à sa sainteté. Cette figure fut admirée de Boniface VIII, qui se hâta d’appeler l’artiste à Rome, et elle obtint en peu de temps une célébrité proverbiale.
OBÉIR.—Il faut apprendre à obéir pour savoir commander.
Proverbe pris de cette maxime de Solon, citée par Stobée: Apprenez à obéir avant de commander, car ayant apprit à obéir, vous saurez commander.—La même maxime se trouve dans Aristote.
Nos anciens chevaliers regardaient l’obéissance comme l’apprentissage du commandement. «Il convient, dit l’Ordène de Chevalerie[68], que le jeune gentilhomme soit subject avant d’estre seigneur, car autrement ne cognoistroit-il point la noblesse de sa seigneurie quand il seroit grand et maistre de ses actions. De mesme que celui qui veut apprendre à estre cousturier ou charpentier, doibt avoir un maistre en ce mestier, de mesme aussi celui qui veut être expert en fait de chevalerie et de bon commandement, doibt premierement avoir un maistre, qui soit courtois chevalier.»—C’est d’après ce principe que les fils des seigneurs étaient placés comme pages et valetons auprès de quelque suzerain.
Louis XIV, dans les mémoires qu’il fit pour l’instruction de son fils, lui donnait cette sage leçon parmi beaucoup d’autres: «Si vous n’écoutez pas les ordres de ceux que j’ai préposés pour votre conduite, comment suivrez-vous les conseils de la raison quand vous serez votre maître?»
OCCASION.—L’occasion fait le larron.
L’occasion détermine souvent l’action.—Il est certain que la facilité qu’on trouve dans les grandes villes pour le vice, est la principale cause du nombre infini de gens qui s’y livrent.