PAILLE.—Rompre la paille avec quelqu’un.
Déclarer ouvertement qu’on cesse tout commerce, toute liaison avec lui.
Le langage typique, c’est-à-dire le langage où l’on se sert de signes extérieurs pour exprimer sa pensée, était autrefois très usité; et quand on voulait signifier à quelqu’un qu’on n’aurait plus aucune relation avec lui, on brisait une paille en sa présence, ou on lui envoyait une paille rompue.—Dans une assemblée tenue à Soissons, Robert, comte de Paris, s’adressant avec hauteur à Charles-le-Simple, lui reprocha son aveuglement pour son ministre Haganon, l’injustice de ses faveurs et la pusillanimité de son caractère. En même temps, lui et ses amis rompirent et jetèrent à terre des pailles qu’ils tenaient à la main, déclarant qu’ils renonçaient à l’obéissance et à tous les liens contractés avec ce roi.
PAIR.—Entendre le pair.
Le pair des monnaies est ce qu’il y a de plus important à connaître dans les opérations du change. Il est la clef de tout le système monétaire; et ce n’est que par là qu’on peut résoudre les questions de finance et de commerce qui ont pour objet l’appréciation des valeurs. Dès l’instant que le pair est établi, on convertit facilement en monnaie d’un pays une somme quelconque exprimée en monnaie étrangère, et réciproquement. Cette conversion résulte de la comparaison exacte du titre, du poids légal et de la valeur intrinsèque de l’unité monétaire d’un autre pays.
L’établissement du pair présentait autrefois en France beaucoup de difficultés, à cause de la multiplicité des monnaies, de leur variation continuelle et de l’altération que leur avaient fait subir Philippe-le-Bel, Philippe de Valois et Jean-le-Bon, trois rois que les historiens ont justement flétris du surnom de faux monnayeurs[70]. Ainsi il fut très naturel de désigner un habile changeur par l’expression il entend le pair, expression appliquée depuis, par une extension proverbiale, à tout homme qui montre de l’intelligence dans le maniement des affaires.
PAIX.—Paix fourrée.
Paix qui est nécessitée par la saison où l’on porte des rures, et qui, faite de mauvaise foi, ne dure guère plus qu’une trève pour l’hiver. Cette expression était déjà en usage sous le règne de Charles VI, comme on le voit dans Juvénal des Ursins (pag. 246, 259 et 267). On appela ainsi la paix conclue, en 1408, entre le duc de Bourgogne et les enfants du duc d’Orléans qu’il avait fait assassiner. On donna aussi le même nom à la petite paix faite à Longjumeau, en 1568, entre les calvinistes et les catholiques, et violée six mois après.
PANIER—C’est un panier percé.
Un homme qui dépense à mesure qu’il reçoit; un homme qui ne retient rien de ce qu’on lui apprend. Les Grecs et les Latins disaient un tonneau percé, et les Hébreux, un sac percé.