Beaumarchais disait: «Je suis sourd comme une urne sépulcrale, ce que les gens du peuple nomment sourd comme un pot; mais un pot ne fut jamais sourd, au lieu qu’une urne sépulcrale, renfermant des restes chéris, reçoit bien des soupirs et des invocations perdues, auxquels elle ne répond point; et c’est de là qu’a dû venir l’étymologie d’un grand mot que la populace ignorante a gâté.»

Tourner autour du pot.

User de circonlocutions oiseuses, au lieu de s’énoncer nettement, perdre le temps en vains préparatifs pour une affaire qui devrait être traitée sans retard. Cette expression est une métaphore prise de l’art du potier. Les Romains en avaient une très analogue qui se trouve dans ce vers d’Horace:

Nec circa vilem patulumque moraberis orbem.

Legouvé ayant voulu exprimer, dans sa tragédie de Henri IV, le mot naïf et touchant de ce bon roi, qui désirait que chaque paysan pût mettre la poule au pot le dimanche, eut recours à la périphrase suivante:

Je veux enfin qu’au jour marqué pour le repos,
L’hôte laborieux des modestes hameaux,
Sur sa table moins humble ait, par ma bienfaisance,
Quelques-uns de ces mets réservés à l’aisance.

Les plaisants lui reprochèrent d’avoir tourné autour du pot.

C’est le pot de terre contre le pot de fer.

C’est un homme faible contre un homme fort; c’est un homme sans appui qui doit échouer dans un démêlé avec un homme qui a de l’autorité et du crédit.—Ce proverbe est d’une grande antiquité, car il se trouve dans une fable d’Ésope et dans le passage suivant de l’Ecclésiastique (ch. XIII, v 2 et 3): Ditiori te ne socius fueris. Quid communicabit cacabus ad ollam? quando enim te colliserint confringetur. «N’entre point en société avec un homme plus puissant que toi. Quelle union peut-il y avoir entre un pot de terre et un pot de fer? s’ils viennent à se heurter l’un contre l’autre, le pot de terre sera brisé.»