Quelques glossateurs prétendent que ce proverbe signifie qu’une femme qui se trouve avec son mari, dans une société, ne doit pas prendre la parole avant que son mari ait parlé, car, disent-ils, le mot devant est ici une préposition de temps qui remplace avant, comme dans cette phrase de Bossuet: «les anciens historiens qui mettent l’origine de Carthage devant la ruine de Troie.» Mais leur érudition grammaticale les a fourvoyés. Le veritable sens est qu’une femme doit se taire en présence de son mari. Un usage de l’ancienne civilité obligea pendant longtemps les femmes à demander aux maris la permission de parler, quand elles avaient quelque chose à dire devant des étrangers; la preuve en est dans plusieurs passages de nos vieux auteurs, notamment dans la phrase suivante de l’Heptaméron de Marguerite de Valois, reine de Navarre: «Parlemante qui était femme d’Hircan, laquelle n’était jamais oisive et mélancolique, ayant demandé à son mari congé (permission) de parler, dist: etc.»

Les gens de la campagne disent: Quand la poule veut chanter comme le coq, il faut lui couper la gorge. Ce qui exprime, au figuré, une menace peu sérieuse contre les femmes qui se mêlent de discourir et de décider à la manière des hommes, et, au propre, une observation d’histoire naturelle. Cette observation est que la poule cherche quelquefois à imiter le chant du coq, et que cela lui arrive surtout lorsqu’elle est devenue trop grasse et ne peut plus pondre, c’est-à-dire dans un temps où elle n’est plus bonne qu’à mettre au pot.

Le même proverbe existe chez les Persans, qui en font l’application aux femmes qui veulent cultiver la poésie.

C’est une poule mouillée.

Cela se dit d’une personne timide, faible, peureuse, incapable de montrer lu moindre énergie, parce qu’une poule, lorsqu’elle a été surprise par la pluie, se tient à l’écart, sans remuer, comme dans une espèce de honte et d’abattement. Il en est de même de la plupart des oiseaux, car ils ne peuvent guère voler dès que les barbes de leurs pennes ont été mouillées.

Les poules pondent par le bec.

C’est-à-dire que les poules font une plus grande quantité d’œufs, quand elles sont bien nourries.

POULET.

Billet d’amour, de galanterie.—L’origine du mot poulet dans ce sens est généralement rapportée au fait que voici: La difficulté de communiquer avec les dames avait fait imaginer aux Italiens le singulier moyen d’écrire à leurs maîtresses en leur envoyant une paire de poulets; les billets doux étaient glissés sous l’aile du plus gros, et l’amante, prévenue par une convention d’usage, ne donnait jamais le temps aux argus de se saisir du courrier innocemment contrebandier. Cependant tout se découvre à la fin, et les parents, alarmés par les conséquences qui pouvaient résulter de ce commerce interlope, le dénoncèrent à la justice. Celle-ci crut devoir déférer à leurs plaintes, et le premier ambassadeur d’amour pris en flagrant délit, fut condamné sans pitié à recevoir l’estrapade, ayant une paire de poulets attachés aux pieds. Depuis ce temps, l’expression portar polli, porter des poulets, fut employée en Italie pour désigner le métier de proxénète.

Le Duchat pense que la dénomination de poulet donnée aux billets d’amour, est venue de ce que ces sortes de billets étaient pliés en forme de poulets, à la manière dont les officiers de bouche, dit-il, plient les serviettes auxquelles ils savent donner différentes figures d’animaux.