PRÊTER.—Prêter pour être payé dans l’autre monde.
C’est ce qu’on appelle encore un prêter à ne jamais rendre.—L’origine de cette expression proverbiale remonte à un antique précepte de la religion druidique, en vertu duquel les Gaulois prêtaient de l’argent dans ce monde pour en recevoir le paiement dans l’autre. Ils agissaient ainsi pour exprimer leur croyance à l’immortalité de l’ame, qu’ils peignaient aussi sur les tombeaux, par des figures tenant une bourse à la main. Cette manière de prêter, qui devait faire tout à la fois le bonheur des fripons et des dupes, n’était point tombée en désuétude dans le moyen-âge, où elle devint une source de richesses pour plusieurs couvents. Des voyageurs rapportent qu’elle est en usage en Chine et au Japon: les bonzes ou prêtres de ces contrées donnent des billets pour l’autre monde en échange de l’argent qu’on leur remet dans celui-ci, et ces billets sont payables dans le royaume de la lune, où ils enseignent que les ames vivent éternellement.
PRÊTRE.—Adroit comme un prêtre normand.
C’est-à-dire maladroit. L’abbé Tuet pense que saint Gaucher, prêtre de Normandie, dont il est fait mention dans le bréviaire de Rouen, a donné lieu à cette ironie proverbiale qui porte sur l’équivoque du mot gaucher, lequel désigne le saint et un homme qui ne se sert que de la main gauche.
PRIÉ.—Rien n’est plus cher vendu que le prié.
Rien ne s’achète plus chèrement que ce qui s’achète par les prières, parce que le sacrifice de l’amour-propre est le plus grand de tous les sacrifices.
PRIÈRE.—Courte prière pénètre les cieux.
Brevis oratio penetrat cælos.—Ce n’est pas la longueur, c’est la ferveur qui rend les prières efficaces.—Proverbe fondé sur ces paroles de l’Evangile selon saint Mathieu (ch. VI, v. 7): Orantes autem nolite multum orare sicut ethnici; putant enim quod in multiloquio suo exaudiantur. Quand vous priez, n’usez point de beaucoup de paroles, comme font les païens qui pensent être exaucés en parlant beaucoup.
«Je ne trouve point de plus digne hommage à la Divinité que cette admiration muette qu’excite la contemplation de ses œuvres, et qui ne s’exprime point par des actes développés. Mon ame s’élève avec extase à l’auteur des merveilles qui me frappent. J’ai lu qu’un sage évêque, dans la visite de son diocèse, trouva une vieille femme qui, pour toute prière, ne savait dire que O; il lui dit: Bonne mère, continuez toujours de prier ainsi; votre prière vaut mieux que les nôtres.—Cette meilleure prière est aussi la mienne.» (J. J. Rousseau, Confessions, part. II, liv. 12.)
PROCUREUR.—C’est le couplet des procureurs.