Cette expression fut d’abord employée littéralement pour désigner une prodigalité mémorable qui eut lieu dans une cour plénière tenue à Beaucaire par Raymond V, comte de Toulouse, en 1174. Le sire de Simiane, d’autres disent Bertrand de Raiembaus ou Raibaux, cherchant à surpasser en magnificence tous ses rivaux, fit labourer avec douze paires de taureaux blancs les cours et les environs du château, et y fit semer 30,000 sous en deniers, somme équivalente à 600 marcs d’argent fin, puisque 50 sous formaient alors un marc.
L’argent prêté veut être racheté.
C’est-à-dire que celui qui a prêté son argent a autant de peine à le recouvrer qu’il en aurait à le gagner, car on trouve presque toujours dans la main qui l’a reçu la main qui refuse de le rendre.
Ne prêtez point votre argent à un grand seigneur.
Proverbe pris des paroles de l’Ecclésiastique (ch. 9, v. 1): Noli fænerari homini fortiori te: quod si fæneraveris quasi perditum habe. Ne prêtez point votre argent à un homme plus puissant que vous; et si vous le lui avez prêté, tenez-le pour perdu.
Le conseil que donne ce proverbe se trouvait fort bon à suivre dans l’ancien temps, où les grands seigneurs pouvaient facilement abuser de leur position pour faire attendre longtemps tout créancier bourgeois qui réclamait son argent, et pour le punir de cette liberté grande: c’était alors un de leurs plaisirs et même un de leurs priviléges. Les registres du parlement et les taxes des chancelleries royales constatent qu’ils obtenaient quelquefois des lettres de non payer; et l’on sait que Philippe de Valois, voulant se montrer reconnaissant envers ceux qui avaient aidé à son élévation, leur octroya de pareilles lettres, en grande quantité. Le témoignage de ces faits n’est pas consigné dans l’histoire seulement, il l’est aussi dans le langage, car on dit, en parlant d’un débiteur qui tarde à satisfaire à ses engagements: Il se croit dispensé de payer ses dettes.
Les Basques se servent du proverbe suivant: Ne prête pas ton argent à celui à qui tu serais obligé de le redemander le chapeau à la main.
Si vous voulez savoir le prix de l’argent, essayez d’en emprunter.
En ce cas, il faut payer l’argent au poids de l’or.
L’argent ne sent pas mauvais.