Platon disait: Il n’est point de roi qui ne soit descendu de quelque esclave; il n’est point d’esclave qui ne soit descendu de quelque roi.

BANQUET.Banquet de diables.

Repas où il n’y a point de sel. On dit, dans le même sens, Souper de sorciers, et ces deux expressions ont une origine commune; elles sont dérivées d’une croyance superstitieuse qui attribuait aux diables et aux sorciers la plus forte horreur pour le sel, attendu que le sel est le symbole de l’éternité, et qu’étant exempt de corruption il peut en préserver toutes choses. C’est ce que dit Morésin dans son curieux ouvrage intitulé Papatus (p. 154): Salem abhorrere constat diabolum et ratione optimâ nititur, quia sal æternitatis est et immortalitatis signum neque putredine neque corruptione infestatur unquam sed ipse ab his omnia vindicat.

BAPTISÉ.N’attendez rien de bon d’un homme mal baptisé.

C’est une superstition bien ancienne qu’il y a des noms heureux et des noms malheureux, et que la destinée de chaque individu est pour ainsi dire écrite dans celui qu’il porte. Cette superstition était fort accréditée chez les Romains, qui cherchaient ordinairement à connaître par un présage appelé Omen nominis, si les personnes auxquelles on confiait la direction de quelque affaire, soit publique, soit privée, rempliraient leur mission avec succès. Ils détestaient les noms dont la signification rappelait quelque chose de triste ou de désagréable, et quand ils levaient des troupes, le consul devait prendre soin que les premiers noms inscrits sur le contrôle fussent de bon augure, comme ceux de Valérius, Victor, Faustus, etc. S’il ne se trouvait personne qui les portât, on les inscrivait toujours, après les avoir prêtés à des soldats imaginaires. Nos pères croyaient aussi à la fatalité des noms, et l’histoire en offre plus d’une preuve. On sait qu’on augura mal de la paix conclue à Saint-Germain-en-Laye, entre les calvinistes et les catholiques, deux ans avant la Saint-Barthélemy, et nommée paix boiteuse et mal assise, parce que M. de Biron, qui était boiteux, et M. de Mesmes, seigneur de Malassise, s’en étaient mêlés.

M. A.-A. Monteil, dans son curieux Traité de matériaux manuscrits (t. II, p. 169), parle d’un manuscrit du dix-septième siècle, intitulé: Nomancie cabalistique, ou la science du nom et du surnom des personnes dont l’on veut connaître l’événement.

BAPTISTE.Tranquille comme Baptiste.

Se dit d’un homme qui montre de l’indolence et de l’apathie dans quelque circonstance où il devrait agir. C’est une allusion au rôle des niais qui, dans les anciennes farces, étaient désignés ordinairement par le nom de Baptiste.

BARAGOUIN.

Langage corrompu et inintelligible. Deux voyageurs bas-bretons, qui ne connaissaient d’autre idiome que celui de leur province, arrivèrent dans une ville où l’on ne parlait que français. Pressés de la faim et de la soif, ils eurent beau crier bara, qui veut dire pain, et gouin, qui veut dire vin, ils ne furent compris de personne, tant qu’ils ne s’avisèrent point d’indiquer par des gestes les objets de leur besoin; et cette aventure donna, dit-on, naissance au mot baragouin. Que l’anecdote soit vraie ou fausse, l’étymologie de baragouin n’en est pas moins, suivant Ménage, dans les mots bara et gouin ou guin, qui, dans le bas-breton dérivé du celtique, signifient pain et vin, deux choses dont on apprend d’abord les noms quand on étudie une langue étrangère. Dire de quelqu’un qu’il parle baragouin ou qu’il baragouine, c’est faire entendre qu’il ne sait de l’idiome dont il use que les mots de pain et de vin.