»Donnez-lui du fruit de ses mains, et que ses propres œuvres la louent dans l'assemblée des juges.»
(Proverbes, ch. XXXI, trad. de Le Maistre de Sacy.)
Prends le premier conseil d'une femme, et non le second.
Les femmes jugent mieux d'instinct que de réflexion: elles ont l'esprit prime-sautier, suivant l'expression de Montaigne; elles savent pénétrer le secret des cœurs et saisir le nœud des intrigues et des affaires avec une merveilleuse sagacité, et les soudains conseils qu'elles donnent sont presque toujours préférables aux résultats d'une lente méditation. C'est pour cela sans doute que les peuples celtiques leur attribuaient le don des oracles, et leur accordaient une grande influence dans les délibérations politiques. Ils disaient que si la raison de l'homme vient de la vie et de la science, celle de la femme vient de Dieu.
Les Hébreux, les Grecs et les Romains pensaient aussi que les femmes avaient des lumières instinctives qui leur venaient d'en haut. La Sulamite de Salomon, la Diotime de Platon et l'Égérie de Numa attestent, chez eux, l'existence de ce préjugé auquel l'Inde ne fut peut-être pas étrangère, comme le prouve le drame de Sacontala.
Les Chinois croient que les secondes vues chez les femmes ne valent pas les premières, et ils disent, par un proverbe semblable au nôtre: Les premiers conseils des femmes sont les meilleurs, et leurs dernières résolutions sont les plus dangereuses.
Ce que femme veut Dieu le veut.
Il n'y a pas moyen de résister à la volonté de la femme. Ce qu'elle veut doit s'accomplir comme si Dieu le voulait.
En attribuant ainsi à l'opiniâtre vouloir du beau sexe une force égale à la puissance divine, on n'a fait que prêter une nouvelle forme à une pensée fort ancienne qu'on trouve dans ce passage des Troyennes d'Euripide: «Toutes les folles passions des mortels sont pour eux autant de Vénus;» et dans le 185e vers de l'Énéide de Virgile, liv. IX:
Sua cuique deus fit dira cupido.