Mulieris bonæ beatus vir: numerus enim annorum illius duplex. (Ecclesiastic., XXVI, 1.) «Heureux le mari d'une bonne femme, car le nombre de ses années est doublé.»
Ce qui fait entendre, par contre, que la vie du mari d'une mauvaise femme est diminuée de moitié.
«La femme, dit Shakespeare, est un mets digne des dieux quand le diable ne l'assaisonne pas.»
Qui de femme honnête est séparé, d'un don divin est privé.
Proverbe qui paraît avoir été inspiré par ce passage de l'Ecclésiastique: «La bonne conduite de la femme est un don de Dieu. Disciplina illius datum Dei est.» (XXVI, 17.)
Une femme honnête est vraiment un don divin, et il n'y a point de plus grand malheur pour un mari que d'en être séparé, car il perd avec elle un sage conseil dans ses entreprises, une douce consolation dans ses chagrins, une heureuse assistance dans ses infirmités, une source d'agréments et de joie dans toutes les situations de la vie. Et quel trésor sur la terre pourrait valoir cette fidèle amie, cette tendre bienfaitrice ou plutôt cette providence de tous les instants: «Un pareil trésor, dit Salomon, est plus précieux que ce qu'on va chercher au loin et aux extrémités de la terre. Procul et de ultimis finibus pretium ejus.» (Prov., XXXI, 10.)
La femme fait la maison.
Tout irait mal dans une maison sans la femme, la femme sensée, bien entendu. C'est elle qui en est vraiment le génie tutélaire et qui en fait la prospérité, en y établissant l'ordre moral et matériel par sa sagesse, par sa surveillance, par son application aux détails du ménage et par une foule de soins que le mari ne saurait prendre aussi bien qu'elle.
Ce proverbe, auquel on ajoute souvent une contrepartie, en disant la femme fait ou défait la maison, existe depuis les temps les plus reculés. Il se retrouve dans les paroles suivantes de Salomon: Sapiens mulier ædificat domum suam: insipiens exstructam quoque manibus destruet. (Prov., XIV, 1.) «La femme sage bâtit sa maison: l'insensée détruira de ses mains celle même qui était déjà bâtie.»
On lit dans le Manava-Dharma Sastra, ou livre de la loi de Manou: La femme, c'est la maison, et dans un poëte indien: La femme, c'est la fortune.