--Oh! non l'indien n'est pas Sougraine!

--Alors vous n'avez rien à craindre, restez en paix, attendez les événements.

--Si l'indien s'éloigne, combien lui donneras-tu?

--Mais si vous ne partez pas c'est la prison, le pénitencier, l'échafaud, peut-être, qui vous attend. Allez-vous jouer ainsi votre vie? Vous pouvez fuir, il en est temps encore. Demain il sera peut-être trop tard....

--L'indien n'ira pas tout seul dans la prison, au pénitencier, sur l'échaufaud....

--Comment? fit le notaire effrayé, voudriez-vous nous perdre? pourquoi? quel mal vous avons-nous fait?

--L'indien veut être en bonne compagnie. Tout seul, il sera traité sans pitié; avec un gros monsieur et une grosse dame, il sera entouré de respect.

--Sougraine, allez-vous en, je vous en conjure!...

--Combien paies-tu?

Le notaire, écrasé sous une pensée de scandale, de trahison, d'ignominie et de pitié, crut être généreux en offrant vingt-cinq dollars à l'indien.... Sougraine éclata de rire, et ce rire moqueur fendit l'âme de l'avare Vilbertin.