--Ce cher notaire! s'écria madame D'Aucheron, qui laissa de nouveau sa phrase inachevée.
Le notaire donna une poignée de main aux dames, une autre à son ami D'Aucheron, salua le vieux professeur, s'inclina aussi profondément que le lui permettait la proéminence de son ventre, devant madame Duplessis, et tout essoufflé, s'assit dans le plus large fauteuil. Il était connu, le notaire; son avarice aussi. Le professeur pensa en le voyant:
«C'est une folie que de vivre pauvre pour mourir riche.»
Le timbre retentit encore, retentit souvent, et les invités arrivaient, arrivaient toujours.
Joseph, le domestique, gauchement affublé d'un habit bleu barbeau garni de boutons dorés, se tenait près de la porte, pour recevoir les messieurs et leur indiquer une petite salle où ils pourraient refaire le noeud de leur cravate et les désordres de leurs cheveux, avant de monter, car le salon était au premier étage.
Les dames passaient aux mains de Catherine, une assez gentille fille de chambre, qui prenait un plaisir extrême à comparer les unes aux autres les tapageuses toilettes dont la maison s'emplissait.
Ce fut comme une procession radieuse dans l'escalier. Les replis des robes de soie ou de satin jetaient des rayons de vagues où flotte le soleil, et des senteurs enivrantes se répandaient partout.
X
En attendant le quadrille d'honneur on causait.
--Quelles nouvelles, monsieur Duplessis? Demandait le notaire Vilbertin; la société St-Vincent de Paul a-t-elle bien de la besogne cet hiver?