I
Le notaire Vilbertin, assis devant son bureau chargé de papiers, écrivait d'une façon distraite les paroles sacramentelles d'un acte de vente. Il se dictait tout haut.
Affaire de routine, car sa pensée n'était pas avec lui. Il s'arrêta tout à coup.
--Après tout je suis encore jeune, pensa-t-il.... Et puis, l'âge, qu'est-ce que cela fait? Il y a des jeunes gens qui sont vieux et des vieillards qui sont jeunes. Affaire de tempérament.... C'est un fait, je n'ai pas vieilli depuis dix ans.... Je suis comme à vingt-cinq.
Il se remit à écrire:
«Et le dit acquéreur déclare bien connaître la dite propriété et en être satisfait....
La plume resta le bec dans l'encre.
--Elle est belle, murmura-t-il, oui, elle est belle. C'est drôle comme je me sens troublé....
Il écrivit encore:
«Cette vente est faite à la charge par l'acquéreur de payer, à compter de ce jour et à l'avenir....