--Ah! il y avait une petite fille? vous avez donc une soeur, M. Rodolphe?

--Pas du tout, monsieur le notaire, c'est une petite fille indienne que mon père avait apportée, l'enfant de son sauveur.... paraît-il....

--Mais je ne savais pas cela, moi! exclama Ida....

--Tu l'as sans doute oublié, car j'ai dû en parler devant toi, répondit madame Villor.

Trois petits coups furent alors frappés à la porte, et un beau vieillard entra. C'était le curé.

On le connaissait bien et il connaissait tout le monde, les pauvres surtout. Il prit le siége qu'on lui présentait et s'assit sans dire un mot, lui qui abondait en paroles gaies et détestait le silence en dehors de son oratoire. Il éprouvait certainement une surprise. Madame Villor, en femme d'esprit, se hâta d'ouvrir un champ à la conversation.

--C'est en vérité une bonne journée pour moi, fit-elle: la visite de mon neveu qui m'apporte toujours un rayon de joie, la visite de mon propriétaire qui me remet gracieusement le prix de mon loyer, la visite de mon curé qui, j'en suis certaine, va me dire de bonnes paroles.

Le curé se tourna vers le notaire.

--Comment, monsieur Vilbertin, vous êtes assez bon pour remettre à madame Villor le prix de son loyer.

--Jusqu'au premier de mai prochain, répondit le notaire en s'inclinant respectueusement.