Tout en causant ils examinaient les cadavres.

--Le jeune chef! dit l'ex-élève.

--Le Lièvre qui court! reprit Félix.

--C'étaient deux amis, ils ont du tomber en semble, ajouta Baptiste.

--For sure! dit John.

--Donnons leur une sépulture commune, que les mêmes branches de sapins les recouvrent éternellement.

--Voici un amas de rameaux et de feuilles qui n'attendent que le moment d'être utiles, étendons-les comme un suaire sur nos amis défunts; mais, auparavant, réunissons les morts.

Et les quatre chasseurs couchèrent, côte à côte, les indiens qui avaient succombé dans le combat. Lorsqu'ils rangèrent le corps de Kisastari, la plaie que le couteau du Hibou-blanc lui avait faite dans le dos s'ouvrit; le sang coula et le mort poussa une plainte sourde. Un frisson courut dans les veines des quatre blancs, et pourtant ils n'étaient pas peureux. Ils se remirent aussitôt.

--Il n'est pas mort, dit l'ex-élève, vite! de l'eau et de la gomme de sapin.

Un moment après l'eau pure rafraîchissait les lèvres altérées du blessé et le baume du Canada commençait à cicatriser ses plaies. Les autres étaient bien morts. Ils furent ensevelis sous les rameaux. Les chasseurs, en enlevant l'amas de feuilles et de branches qu'ils venaient d'apercevoir, mirent à nu les cadavres des Couteaux-jaunes....