Le couteau n'avait déchiré que le gilet du prisonnier.
--Arrête! s'était écrié Naskarina, j'ai une parole à confier au chef. Et, disant cela, elle avait saisi le bras de l'indien.
--Pourquoi troubles-tu la fête, Naskarina? dit le Hibou blanc avec une légère aigreur.
--Iréma pleure, vois-tu? elle est affligée de la mort du grand-trappeur, eh bien! chef, c'est à toi de profiter des dispositions où elle se trouve. N'aimes-tu pas mieux avoir l'amour de cette femme que la mort de cet homme...
--Je ne te comprends pas bien, Naskarina.
--Ecoute--elle parlait bas--dis à Iréma que tu donneras la liberté au grand-trappeur si elle veux t'aimer.
--Naskarina, tu as de l'esprit.
--Et puis, si tu veux tuer cet homme, fais le suivre ou surprendre.
--Naskarina, merci!
Il commanda aux guerriers de suspendre leur terrible jeu de couteaux, et il se dirigea vers Iréma. Le grand-trappeur ne savait que penser, mais il était loin d'espérer la délivrance. Iréma, remplie de reconnaissance envers le grand-trappeur, consentit à se sacrifier pour le sauver.