Victor se sépara de son père pour continuer ses recherches. Il descendit au Foulon par le grand escalier, qui se trouve vis-à-vis de la prison, et prenant la rue Champlain, se dirigea vers la basse ville. Rendu à la porte de l'auberge de l'Oiseau de Proie, il s'arrêta un instant, comme indécis, puis, tout à coup il entra. La Louise et sa mère éprouvèrent un mouvement de vanité, car un pareil visiteur ne se présentait pas souvent.

--Vous ne me connaissez pas, Mesdames, dit Victor, mais moi je sais que j'ai une dette de reconnaissance à vous payer....

--Vous, Monsieur! reprit vivement la Louise?

--De la part de mon père, Madame.

--Qu'est-ce qu'il dit donc ce monsieur-là? demanda la vieille Labourique.

La Louise ne fît pas attention à la demande de la mère qui se mit à grogner. Victor reprit:

--Quand je vous aurai dit que je suis le fils de ce petit Djos qu'un jour vous avez pris dans la rue et protégé, vous me comprendrez, Madame.

--Djos! vous dites? vous êtes le garçon de Djos?...

--Djos! il parle de Djos! redemanda la vieille, qui grogna de plus en plus, parce que la Louise ne l'écoutait point....

--Oui! je suis son garçon!...