Il avait rendu visite, à Meudon, sans voir Elvire. Adroitement interrogée, Mme Gresloup avait presque avoué suivre les démarches de la tante Caroline pour obtenir l'alliance contractuelle entre la Banque d'Artois et celle de M. Laffitte. Celui-ci, vu l'aléa des spéculations sur les blés et les charbonnages, tardait à répondre. Le succès de cette affaire dissiperait toute fâcheuse préoccupation sur la richesse des Héricourt.
—Votre cousin Cavrois ne vous a-t-il laissé rien entendre à ce sujet?... demanda le comte Dubourg.
—Il ignore les entreprises de sa mère. A l'ordinaire, le général Héricourt et le comte de Praxi-Blassans sont avertis.
—Holà! mais il me semble alors!... Ah ah! Voilà pourquoi le comte et le général promettent au parti de M. Laffitte l'appui des Pairs, et celui moins sûr de quelques régiments... On paierait ainsi la consolidation de la Banque d'Artois par une banque de Paris... A merveille!
Il se frotta les mains en riant très haut:
—Les compagnons de l'Ardente-Amitié, nos Bons Cousins se doutent-ils de quel trafic ils sont la monnaie...? Plaisante histoire! Ouais, dans votre famille, Monsieur Omer Héricourt, le raisonnement renferme peu de vices! Ah que ne vous ai-je connus tous en 1810!... Morbleu! ce qui manquait à Bernadotte et à Moreau, vous l'avez... Mille compliments...
Omer se froissa. L'admiration ironique du général-comte était-elle hostile aux siens? Tout le plan de politique financière que révélait une simple réplique méritait-il d'être condamné?... Importait-il de rabrouer ce vieillard hautain?
—Monsieur, vous faites aisément des suppositions... ce me semble..., dit le jeune homme.
—Parbleu, n'est-ce pas la chose la plus claire?
—Mais encore...