Des sanglots et un flot de larmes rompirent les cris de l'Espagnole, qui, poétesse, jugea tragique de se laisser choir dans la fondrière, à genoux...:
—Omer, je vous crois!... Soyez heureux... Soyez heureux... Dans le cloître je prierai pour vous... chaque jour...
Le cavalier se souvint du long baiser voluptueux qu'ils s'étaient donnés sur le prie-dieu, aux pieds du saint évêque doré. Il éprouva toute la peine de l'amante. Sa chair même pâtit. Un sanglot l'étrangla pareil à ceux qui secouaient Dolorès.
—Pardonnez-moi, Dolorès, je souffre autant que vous... Pardonnez-moi... Mais c'est la Loi!
—L'amour est au-dessus des lois que forgent la cupidité et l'hypocrisie!... déclara Denise en ricanant.
—Adieu... gémit Dolorès...
Elle courut jusqu'aux doigts gantés du jeune homme, les prit, et chaudement les baisa, puis, s'étant reculée, elle s'affaissa tout à fait dans la fondrière. L'eau de pluie clapota autour du manteau; les yeux noirs se ternirent; l'enfant porta les mains vers son front et s'évanouit...
—Va-t'en, lâche! cria Denise en larmes! Mais va-t'en. Tu vois bien que tu la tues...
Outré de sentir les domestiques le blâmer avec leurs yeux sournois, il rendit la main. La jument bondit.
«Grâces à Dieu, c'est fini!» fut d'abord la pensée d'Omer.