—Rien n'est plus fort que la liberté,... énonça le fausset de Blanqui dans un instant de silence.

—Les idées anéantiront la barbarie des guerres fratricides!

Enjolras, de son geste exterminateur, faucha l'espace du côté de la place. Entre les décombres de la barricade, on regardait luire les armures des cavaliers royaux.

—Patriotes! nous saurons mourir pour la République aussi bien que nos pères!... jura Ribéride, en montrant le ciel des aïeux, au-dessus de sa chevelure médiévale... Le même laurier ombragera nos tombeaux!

—Et nous n'avons pas besoin d'Empereur pour ça,... assurait Grantaire à ses amis du café Lemblin.

Le général Dubourg apaisait, de la main, les turbulents.

—Le peuple a reconquis les droits sacrés au prix de son sang!... prêchait Michel Chrestien.

Toutes les têtes se tournèrent vers cette figure divine et l'admirèrent.

—Vive la République!... conclut l'organe caverneux de Bahorel, drapé dans les ailes de sa redingote flasque.

La foule de la chaussée répéta le vœu frénétique. Elle étouffa les appels des impérialistes juchés sur les bornes, les objurgations des bourgeois penchés aux fenêtres, et les murmures des gardes nationaux. La tricoteuse et son chœur chantèrent: