L'abbé de Praxi-Blassans le trouva tout désemparé, sur le banc de pierre dans la courbure de la haie, à l'ombre du saule-pleureur.
—Qu'as-tu cousin?
—Je m'assure que je suis le plus grand sot du monde.
—L'opinion n'est pas unanime.
—A d'autres!
—Le char-à-bancs est prêt... Dieudonné peste contre toi... Viens d'abord chez le père Claës... Tu sais qu'il a fait un diamant avec du sulfure de carbone?
Et il narra les détails de l'expérience magique, comment, au retour dans la vieille maison de Douai, après les longues années d'un séjour en Bretagne nécessité par de grands déboires d'argent, le domestique de M. Balthazar Claës avait découvert au fond d'une coupelle, le précieux joyau.
—Le miracle s'est opéré, seul, loin du savant... Et cet homme qui a jeté sa fortune, celle de ses enfants à son creuset du magicien, n'a pu même suivre les phases de la transmutation... Il ignore comme devant? Dieu s'est joué de lui... Le Seigneur lui a donné une grande leçon d'humilité chrétienne... Depuis deux ans, le vieux Claës cherche à ressusciter le phénomène... Il y parviendra peut-être... Et alors...
—Alors?... interrogeait Omer, sceptique.
—Alors, je saurai de quelle manière on suscite un miracle...