Devant l'âtre des auberges, Aurélie câlinait Denise, Édouard, Delphine, Émile, les yeux clairs, les cils sombres; et, mélancolique, elle regardait la fuite des nuages.
De ville en ville, ils voyagèrent quelque temps, avec la division. Ils la quittèrent à Mayence. Ensuite la chaise de poste roula dans la pluie, entre les champs de neige.
* * * * *
Paris!… Les prêtres chantèrent le Te Deum à Notre-Dame, et leurs psaumes montèrent le long des colonnes tapissées de drapeaux russes, autrichiens, polonais, allemands. Baoum!… baoum! Le canon solennel tonnait de minute en minute sous le ciel chargé de nues lourdes. «L'Empereur!… Vive l'Empereur!» C'était, vêtu d'un habit vert, le Rival engoncé, et qui entrait précipitamment dans la basilique, suivi de ses ministres brodés d'or, de ses maréchaux aux poitrines étoilées, des princes en uniformes écarlates, des rois timides et gauches devant l'ironie de l'assistance. Baoum!… Baoum!
L'averse crépitait. Le ciel noircissait. Les ors des costumes officiels se ternissaient davantage. Toutes les têtes enveloppées de cheveux en coup de vent, se chargeaient d'ombre autour des yeux froids, sous les nez sévères. «Ding, ding, don, criaient les cloches. Ding, ding, don.»
—Présentez armes!
Un seul cliquetis devant les bandoulières blanches aux poitrines des grenadiers.
«Baoum!… Baoum!» répétaient les canons.
Dans le silence humain, à l'autel, l'archevêque en sa dalmatique d'or, les diacres en dalmatiques d'argent, perpétraient le sacrifice de Celui qui mourut pour les faibles.
—Genou, terre!