—Par pelotons… Dragons en avant!… Maarche!
—Maarche! hurla Bernard.
Il ne comprit pas d'abord pourquoi, à l'opposé des autres escadrons, l'on tournait le dos aux carrés… Mais son cheval partit à la suite du troupeau fou, des crinières envolées, des croupes ruantes, parmi les jets de terre et l'odeur de poil humide. On se lança. Il ne pensa plus.
Tout se fracassait. De la mitraille creva l'air. Les sabres heurtaient les étriers; le sol sautait en morceaux.
Héricourt prétendit apercevoir les soldats. Yeux clignés sous les casques, figures mortes, corps rejetés en arrière, mains crispées aux arçons, il aperçut cela, mais pas un homme.
—Pelotons! se dirent les voix d'officiers. À droite et à gauche… déployez… Pelotons…
—Attention, cria Pied-de-Jacinthe, on va s'arrêter…
—Haalte!…
Dix secondes encore les bêtes résistèrent au mors, et puis se fixèrent en soufflant.
Alors Bernard se vit à la gauche de la ligne. Devant lui grandissaient les schapskas écarlates des chevau-légers, dominant leurs montures au galop, et dardant la flamme jaune des lances. Les voix commandèrent. Bernard répétant les ordres, tâchait de se rendre compte. Son escadron protégeait la charge des deux régiments contre l'attaque en flanc des chevau-légers. Les carabines des hommes sautèrent dans leurs mains. Les chiens craquèrent.