A ces récits où s'évoquent les robustes cavaliers bondissant à travers mousquets et piques, Cyrille s'émeut et se gronde. Pourquoi des instincts bas l'incitent-ils aux mésalliances. Il jure de se vaincre. Se vaincre, soi, chose facile, mais vaincre la hantise fantastique, le Rire tors et vert; le terrasser autrement que par le sommeil de l'ivresse, le pourra-t-il? Il se connaît incapable de subir une heure le Rire, cette menace de folie et de funérailles.

Et voici que le conquiert la terreur hallucinante. Dans les roseaux, dans l'onde verte et plane il aperçoit, glissant entre des lames d'eau, la robe écarlate de Denise, ses gants noirs.

Alors il répète:

—Ça ne fait rien, je veux me marier.

—Mais avant de vous marier, Monsieur, songez au moins à vous corriger de votre ivrognerie. Vous ne pouvez pourtant apporter cela à une jeune fille en cadeau de noces.

—Vous êtes méchant, mon oncle. Vous savez bien que ça ne dépend pas de ma volonté, le médecin vous a dit l'influence originelle, atavique; mon père était alcoolique.

—Il en mourut: Prenez garde.

—Hé! je sais, je sais. Aussi je ne veux plus rester seul. Non, je ne veux plus.

—Chut!

Les ailes des oies battent sur le ciel ainsi que des éventails éployés. Silencieusement. De leur vol, elles cernent la mare. Et subitement, à six, elles plongent dans les herbes. Les herbes fléchissent, froufroutent, puis oscillent longtemps.