—«Ce sont les souhaits! dit Norette.

—Les souhaits?

—Oui! les souhaits et les présents que l'on m'apporta dans mon berceau lorsque j'étais âgée d'un jour.

—Comme au temps des fées?

—Précisément. Mais depuis longtemps les fées étant mortes, quatre vieilles femmes, généralement, les remplacent, voisines ou amies, respectueuses des usages, qui se donnent, quand il y a quelque part une fillette nouveau-née, cette importante mission. L'idée leur en vient tout à coup, au four, au lavoir, en causant du beau temps et de la pluie. La chose décidée, elles mettent leur robe de grand'messe, un bonnet repassé de neuf, et se présentent. Le petit bâton, qui symbolise une quenouille, est pour que la fillette, en grandissant, devienne active et laborieuse; le sel, pour qu'elle reste pure; le pain, pour qu'elle soit bonne comme le bon pain...

—Et l'œuf, demande Ganteaume, à quoi sert l'œuf?

—L'œuf, répond Norette avec le plus grand sérieux, est pour qu'elle fasse un heureux mariage et pour qu'elle ait beaucoup d'enfants!»

XIII
LE TURBAN DU GRAND-ONCLE IMBERT

Mais le dîner doit être prêt et M. Honnorat nous appelle.

On me présente au curé, l'abbé Sèbe, un petit homme noir comme une taupe qu'on a invité en mon honneur.