Il est évident que je gêne Galfar.
Cet estimable faiseur de poudre a même trouvé, pour me l'apprendre, un moyen vraiment peu commun.
J'étais parti en chasse de grand matin, un peu par désœuvrement, un peu par bravade, pour me prouver d'abord que les sourdes menaces du Puget conjuré ne me troublent point, et aussi dans l'intention d'échapper aux doléances dont M. Honnorat m'accable.
Je suivais, mon fusil en bretelle et sans songer à mettre à mal aucun gibier, le bord du vallon escarpé qui va contournant le plateau où se dresse le roc de la Chèvre.
Sur l'autre bord, les perdrix chantaient; mais l'abbé Sèbe n'étant plus là, je m'intéressais peu aux perdrix. Mes pensées, à ce moment, je ne sais pourquoi, étaient à Norette.
Un aboi de chien, d'un timbre connu, me tira de la rêverie.
Galfar suivait le bord opposé.
Nous n'étions séparés que par la largeur du vallon. Galfar certainement m'observait. Je me mis à l'observer aussi. Il menait une chasse étrange.
Deux fois, très correctement levées par son chien, les perdrix, une superbe compagnie de perdrix rouges, lui partirent au bout du canon; deux fois il ne les tira point.
Quoique médiocre chasseur et nullement fanatique, j'enrageais.