—«Alors tu t'intéresses à elle?» demanda Mauvilliers.
—«Quelle question? Pourquoi?...»
—«Parce que... On ne devrait jamais se mêler des histoires des jolies femmes... Mais, tout de même... C'est un service à lui rendre, et tu n'es ni son mari ni son amant... Enfin, fais-lui savoir qu'elle se défie de Grécourt.»
—«Quel Grécourt?»
—«Antoine. Il parle d'elle, et il en fait parler.»
—«Voyons, Mauvilliers,» demanda Frédéric, devenu tout d'un coup très sérieux, et prenant son interlocuteur par le bras... «Tu ne veux pas dire?...»
—«Qu'il y a quelque chose entre eux? Je n'en sais rien, et je le saurais que je ne m'estimerais pas de te le dire. Mais je sais qu'il fait parler d'elle, et, cela j'ai bien le droit de te le dire, comme je le lui dirais à elle, si je la connaissais autrement que pour dîner chez elle une fois par an... Ah! çà,» continua-t-il en regardant Moysset, dont le masque devenait si sombre que même l'ivrogne s'en apercevait. «Aurais-je fait une gaffe?»
—«Non,» répondit Moysset, «mais j'ai pour Charlotte une bonne amitié, et tu m'en as trop dit pour t'arrêter... Grécourt fait parler d'elle? En quoi? Comment?...»
—«Si, si! J'ai fait une gaffe,» insista Mauvilliers. «Encore une fois, je ne sais rien de plus... Quelqu'un dont on parle, ça se comprend de soi. Il l'affiche, comme toutes les femmes qui ont la sottise de se laisser prendre à ses jolies manières. Car il a de l'allure, l'animal; mais n'en est pas moins un mufle... D'ailleurs, puisque tu vas à Dieppe, ouvre tes yeux.»