Maîtresse, s.f., terme d'outrage par lequel une femme flétrit les personnes de son sexe avec qui un homme fait ce qu'il ne voudra jamais ou ne veut plus faire avec elle....


et ne sommes-nous pas en droit d'y joindre ces deux notules?

XI

Sur cent femmes vertueuses, il n'y a que cinq ou six honnêtes femmes. Les quatre-vingt-quinze autres ne pardonneront jamais leur vertu au reste de la corporation.

XII

Les femmes les plus galantes deviennent sincèrement vertueuses quand il s'agit de condamner leurs rivales.


Sincère ou hypocrite, rancunier ou jaloux, ce mépris combiné du sexe fort et du sexe faible pour la femme qui se donne, croyez-vous que cette dernière l'ignore? Pas le moins du monde. Mais elle est femme, et l'amour lui représente, malgré tout, ce pourquoi elle est faite,—ou se croit faite. Ce qui revient au même. Comme les lois ne lui permettent cet amour que dans le mariage, tandis que d'autre part les mœurs se chargent d'empêcher le plus possible cette rencontre de l'amour et du mariage, elle passe outre. Nous verrons pour quelles raisons d'ordre—ou de désordre—très diverses, dans les Méditations VI et VII. Avant d'aborder ce problème: Pourquoi la femme moderne prend un amant? nous en sommes à la considérer, cette femme moderne, dans ce qui précède la faute, c'est-à-dire dans l'idée qu'elle s'en forme. Or, comme cette idée est en grande partie le produit de l'éducation, nous arrivons à un chapitre délicat et qui devrait faire pendant à notre étude sur le développement de l'instinct sexuel chez l'homme moderne:—Du développement de ce même instinct chez la jeune fille actuelle. Mais ici c'est, pour l'analyste consciencieux, la nuit et l'abîme. Un médecin doublé d'un confesseur n'arriverait pas à bien définir les causes de toutes les modifications intimes chez celle que le chaste Vigny appelait:

...l'enfant malade et douze fois impure....