LOUIS—... Que j'ai trouvée sur lui et dont je me suis permis de m'emparer, en ayant grand besoin.

MORTDEFROID—... Si, disons-nous, nous mettons d'un côté cette quittance... C'était une bonne pensée de sa part, pauvre comte! une espèce de pressentiment de sa fin. Le jour même de sa mort! Il voulait laisser une situation nette.

LOUIS—Si, d'autre part, nous faisons état de cette reconnaissance forfaitaire de trois cent mille francs à payer en deux termes de six mois, que mon dit père, le même jour, a signée en faveur du dit père de Mademoiselle...

MORTDEFROID—Je crois que les deux se balancent. Trois cent mille francs, c'est toutes les forces de votre actif. C'est une situation nette.

LOUIS—Pour net, c'est net. Fort bien, je m'y attendais.

(A SICHEL). Je vous félicite, Mademoiselle. Donnez-moi tout cela que je signe.

(Il signe les lettres de SICHEL et celles de LUMÎR).

MORTDEFROID.—On peut tout plaider, naturellement. Il y a certaines choses suspectes: comptes fictifs, papiers antidatés, ce n'est pas difficile de donner du corps à un dossier. Les contre-lettres aussi.—Mais allez faire la preuve.

LOUIS.—Pas de preuve, Monsieur Mortdefroid! Je vous charge de tout vendre et de tout liquider.

(A SICHEL). Nous ferons honneur à notre signature.—