LOUIS—Cela prouve que vous me désirez, moi, mon nom, mon avenir et ma fortune.
SICHEL—Tout ensemble! Pourquoi haïrais-je rien de ce qui est à vous? Oui, c'est tout cela ensemble que je veux! C'est tout cela qui est pour moi et dont je sais l'usage.
Qu'en aurait-elle fait, cette Polonaise absurde? Ce petit morceau de glace ardente? Regarde comme elle vient de te lâcher.
Je sais, Je suis une Juive, j'ai tout machiné pour te prendre. N'est-ce pas? Pauvre innocent, j'ai tout préparé de bien loin contre toi.
Et quand cela serait encore?
Ai-je tant d'amis? Tant de ressources? Tant d'armes sur quoi compter? Ah, je n'ai que moi-même toute seule et je suis Juive.
Et cette pierre écrasante sur nous à remonter, cette malédiction sur nous comme une mâchoire à desserrer!
Voici tant de siècles que nous sommes séparés, de l'humanité! Tant de siècles chez nous que l'on est mis à part comme de l'or dans la bourse d'un avare? La porte s'ouvre tant pis pour ceux qui nous ont lâchés! Tant pis pour toi, mon beau capitaine! Je t'aime et tu verras que je suis la fille de la Faim et de la Soif! Tu es beau!
Nous ne sommes pas blasés, nous autres!
La porte s'est ouverte enfin! Ah, je renie ma race et mon sang! J'exècre le passé! Je marche dessus, je danse dessus, je crache dessus!