LUMÎR—Mon père, mon frère et moi.
LOUIS—Ici le monde s'arrête.
LUMÎR—Mon frère, mon père! Tous deux sont morts et je reste seule, une même chose avec eux.
LOUIS.—C'est vous-même que je veux épouser et non point votre frère et votre père.
LUMÎR.—Je ne suis pas distincte. Mon père avec nous! Ses bras autour de moi et ma tête sur son épaule!
Je n'ai pas eu d'autre patrie que lui! Son visage, ses yeux, son grand dénuement,
Ces larmes que j'ai vu couler, cette sublime colère comme sur le champ de bataille, son cœur avec celui de son enfant!
Et cet argent, mourant de faim, auquel il ne touchait pas, ce trésor de la patrie, sous sa veste râpée, cette suprême poignée de terre à nous, est-ce que je la laisserai périr?
Je ne fais qu'un avec lui! Qui me prend, il nous prend tous ensemble!
Quelle autre patrie que dans les yeux de mon père quand il me tenait ainsi serrée contre lui?