Si la raison de ce silence est telle qu'il ne m'est que trop facile de le supposer,
Si ce cœur qui pour un moment me fut ouvert m'est clos,
Si cette voix que j'ai entendue du fond de la nuit où je suis étroitement enveloppée depuis ma naissance comme dans un voile,
Si cet époux qui me parlait mystérieusement, ce soir de mai, jadis,
Un seul mot, mais qui m'a suffi, un seul mot «Ma bien-aimée», mais qui m'a suffi,
Pauvre âme, pour que je sois à lui pour toujours,
S'il n'est là de nouveau après ce long silence que pour que je l'entende qui me juge et qui me repousse,
Vous pouvez m'épargner, Orian, un seul signe, un seul mouvement me suffit.
Et si, ah, du moins que le ton ne soit pas trop sévère, et ce mot qui doit m'éloigner de vous pour toujours «Va-t-en»,
Dites-le bas,