ORIAN.—C'est la guerre qui nous prend tous les deux.
PENSÉE.—Il est donc vrai? Vous partez?
ORIAN.—Serais-je ici, si je ne devais partir?
PENSÉE.—Oui. Comment seriez-vous avec moi autrement que dans un rêve?
ORIAN.—Mon frère vous reviendra.
PENSÉE.—Et je l'épouserai alors?
ORIAN.—Alors je serai sans doute en un lieu où ces choses ne font plus souffrir.
PENSÉE.—Mais c'est vous qui lui avez commandé qu'il m'épouse.
ORIAN.—Bientôt, sans celle-ci, il y aura entre vous et moi une séparation suffisante.
PENSÉE.—Quand je serai morte, Orian?