Je l'ai vu tout-à-coup qui lâchait son fusil et qui tombait en avant. Son corps est resté plié en deux, accroché à un petit mur de pierres sèches parmi les ronces.

PENSÉE.—Vous l'avez laissé là?

ORSO.—Les Prussiens tiraient sur nous tant qu'ils pouvaient.

PENSÉE.—Moi, je serais morte avec lui.

ORSO.—Je suis un officier, et mon devoir n'était pas de me faire tuer mais d'assurer le commandement de ma section.

Nous avons dû nous replier peu après, abandonnant le corps.

PENSÉE.—Quoi, vous ne me rapportez rien de lui?

ORSO.—Que voulez-vous faire d'un mort?

PENSÉE.—Je l'aurais senti une dernière fois entre mes mains, ces sages mains!

Qui sait s'il aurait été tout à fait mort pour moi?