PENSÉE.—Je vivrai. Pour qui me prenez-vous?

Je vivrai pour cet enfant obscur qui est héritier en moi de mon âme avec la sienne,

Tant que l'on voudra. Toute la vie que l'on voudra jusqu'à la dernière minute! Moi qui fais la vie, est-ce que je n'aurais pas le courage de l'accepter?

ORSO.—Demain le prêtre nous unira.

PENSÉE.—Je serai une femme loyale.

ORSO.—Ainsi vous aurez accompli ce qu'Orian vous demandait.

PENSÉE.—Vous le pensez? Ah, il est difficile pour celui qui aime de faire tout ce que l'amour lui demande!

C'est pourquoi l'odeur de ces fleurs est plus enivrante pour moi que celle du laurier, le laurier qui parle de la victoire!

Ne pouvoir rendre amour pour amour,

Aimer, comme moi, et ne pouvoir le faire comprendre, avoir sa tâche, comme lui, et ne l'avoir pu faire,