PENSÉE.—Qui le sait?
SICHEL.—Crains de lui faire pitié.
PENSÉE.—C'est à lui de craindre.
SICHEL.—Quel orgueil un homme tirera-t-il de cette femme qui l'aime sans le voir?
PENSÉE.—C'est à lui de voir, c'est à moi d'être assez belle pour qu'il me voie et que je voie par lui.
SICHEL.—Mais il ne t'aimera pas.
PENSÉE.—Et moi, est-ce que je demandais de l'aimer?
SICHEL.—C'est moi seule qui t'aime.
PENSÉE.—Oui, mère.
SICHEL.—Cet homme que tu ne connais pas et qui ne te connaît pas davantage! Et quand même j'aurais voulu que tu l'épouses, maintenant je ne le veux plus! Ah, tu l'aimes, je le vois, et c'est cela qui m'épouvante! De tels sentiments la fin ne peut être heureuse.