PENSÉE—Je sais qu'il est un peu à vous, votre parrain à tous deux, votre tuteur aussi, qui n'aviez plus père ni mère.
C'est lui qui vous a élevés dans son palais, Orso et vous, quand il n'était encore qu'évêque. Oui, j'ai appris tout cela ce soir.
ORIAN.—Vous êtes bien renseignée. Ma famille est de Savoie, mais ma mère était Milanaise.
PENSÉE.—La mienne est Juive, vous le savez.
ORIAN.—Non, je ne le savais pas.
PENSÉE.—Je veux que vous le sachiez. Une Juive convertie, naturellement. Mon père lui aussi est un bon catholique.
C'est à cela qu'il doit sa fortune. Quoi, votre frère Orso ne vous a pas appris tout cela?
ORIAN.—Il ne sait rien de plus que je ne sais.
PENSÉE.—A quoi lui sert-il donc de me suivre comme il le fait depuis le jour où je l'ai rencontré avec vous?
L'autre jour pendant que nous roulions à travers la campagne, j'entendais le galop de son cheval derrière nous,