ORIAN.—Ou la nuit même sans laquelle il n'y aurait pas toutes ces étoiles.
PENSÉE.—Je ne les vois pas, j'écoute seulement. Je ne veux pas voir, j'écoute. (Et tenez, ce bruit si triste, entendez-vous? comme un plumage froissé,
C'est le troisième palmier à notre droite.)
Mais peut-être que si vous me disiez: Ouvrez les yeux, Pensée!
Peut-être qu'alors j'ouvrirais les yeux et je verrais.
ORIAN.—Est-ce pour fermer les yeux que vous êtes venue à Rome?
PENSÉE.—Montrez-moi la Justice et cela vaudra la peine de les ouvrir. Qu'est-ce que cette Beauté qui ne nous empêche pas d'être aveugles?
Moi aussi, on m'a conduite au milieu de vos dieux grecs, moi aussi, j'ai posé la main sur ce marbre qui brûle!
C'est ce que nous, les gens de l'ancienne Foi, nous appelions les idoles.
Qui a connu la nuit pour de bon, il faut un autre soleil que celui-ci pour en venir à bout!