ORIAN.—Par où commencer, Orso? Mais je sais ce que notre Père décidera. C'est absurde de nous avoir amenés ici.

ORSO.—Père, il a vingt-huit ans et je n'ai qu'un an de moins que lui.

Mais il est plus sage que moi; les chevaux et les armes sont plus mon affaire que les livres.

ORIAN.—Vraiment ce qu'il dit est si bête qu'il vaut mieux ne pas y répondre.

ORSO.—C'est lui qui m'a ramené à vous, Père, quand je m'égarais tristement.

ORIAN.—Non pas moi, Orso, mais la grâce de Dieu, et les prières de notre mère, et le bon sang qui coule dans tes veines.

ORSO.—Père, il est mon aîné, regardez-le. Il est grand. Je l'aime. Je l'admire.

C'est à lui de décider tout, et moi, je le suis où il va.

Dieu m'a tout disposé pour être son frère, le second avec lui, ce qui était en plus quand on l'a fait. Pour l'aider, pour l'aimer, pour faire ce qu'il me dit; et non pas pour prendre ce qui est à lui et pour lui causer aucune peine.

LE PAPE PIE.—Je sais que tu es un bon enfant, mon Orso.