Ses amis soutiennent le moribond.

Il se calme tout à coup, ses yeux fixent tour à tour ceux qui sont près de lui, il leur tend ses mains tremblantes, et d'une voix éteinte, à peine un souffle entrecoupé de spasmes:

—Vous reverrez la France, vous..... Germain..... mes parents..... adresse..... portefeuille..... Dites-leur..... Lieutenant..... Morin..... Mort!..... Mort!..... pour la..... pour la.....

Il ne peut prononcer le nom de la patrie. Sa voix s'étrangle dans sa gorge... Il a un râle profond, suprême... C'est fini.

Le lieutenant de vaisseau Morin n'est plus.

Le martyrologe de l'exploration africaine compte une victime de plus.

Les officiers, l'adjudant, les sergents pleurent, silencieux, ne trouvant pas une parole en face de cette mort affreuse.

Tous restent atterrés devant l'événement fatal qui les sépare d'un compagnon aimé.

Mais les heures sont brèves. La tâche à accomplir ne permet pas même les longs regrets.

Il faut songer à marcher en avant.