Qu'ils fussent arrêtés par des discussions intestines ou par toute autre cause, les indigènes riverains du M'Bomou avaient laissé à la mission le loisir de se fortifier.
Les dixième et onzième jours se passèrent sans que l'ennemi attendu se montrât.
La plus sévère discipline régnait dans le fortin.
Il était interdit aux hommes de s'éloigner.
Et ils se soumettaient sans murmurer à cette règle inflexible, car ils comprenaient parfaitement que le danger les entourait.
Sans doute l'attente était pénible, agaçante; mais il ne fallait pas songer à marcher à la rencontre des noirs, à les dérouter par une contre-attaque.
Les explications de l'ivrogne traitant avaient été si embrouillées, que le commandant ne pouvait déterminer l'emplacement du village soulevé contre lui.
La chose n'avait rien d'étonnant, en somme, car les indigènes ont une façon à eux d'exprimer la topographie d'une contrée.
Et puis, s'engager dans la forêt vierge sans avoir une direction précise est une opération téméraire à laquelle un chef de mission ne consent jamais à se livrer.
Grâce aux retranchements élevés, on avait l'avantage de la position.