Les tirailleurs coucheraient à leurs postes de combat, afin d'occuper leur meurtrière, à la première alerte.
L'ennemi était dix fois plus nombreux que la petite troupe.
Il importait donc d'ouvrir le feu aussitôt que possible.
En une minute, la nappe de balles, qui s'échappe des fusils à tir rapide, fait de nombreuses victimes.
Une minute de feu soutenu et bien dirigé peut briser l'élan de l'assaillant.
Les noirs auraient peu de chemin à parcourir à découvert.
Cinq cents mètres, si on les apercevait au débouché du bois, quatre cents... trois cent-cinquante peut-être, si, avec leur habileté sauvage, ils parvenaient au rampant à échapper pendant un moment aux regards des sentinelles.
Car les foyers électriques seraient actionnés seulement à l'heure de l'attaque.
Plus tôt, leur rayonnement eût empêché l'assaut, et il était nécessaire que le choc se produisît, qu'une défaite irréparable fût infligée aux noirs, afin que la mission reprît la liberté de ses mouvements.
D'autre part, la victoire aurait un effet moral considérable dans toute la région, et les quelques hommes qui, après le départ de la colonne, resteraient à la garde du fort, auraient une influence suffisante pour maintenir dans l'obéissance, les peuplades environnantes.