Tous inclinèrent la tête:

—Il faut que nous partions dans deux heures. Toute la compagnie Mangin, sauf la septième escouade qui a marché hier. Chaque homme aura deux cents cartouches et trois jours de vivre.

Puis, les congédiant du geste:

—Nous suivrons l'ennemi à la trace. Allez, messieurs.

En quelques minutes, la nouvelle parcourut tout le camp.

Les tirailleurs riaient, enchantés de poursuivre les fuyards.

Il n'était pas jusqu'aux prisonniers de la nuit qui, répartis déjà entre les diverses équipes de porteurs, n'eussent l'air satisfaits.

Très probablement, ceux-là se disaient que leur situation était préférable à celle de leurs congénères en fuite vers leur village.

Eux au moins n'avaient plus rien à craindre.

Dans la plaine, des corvées fournies par les porteurs, creusaient de longues fosses.