Ici, nous nous bornerons à transcrire le journal d'un sous-officier qui l'accompagna.
Rien ne vaut l'éloquence de ces pages écrites par un des acteurs les plus modestes de ce drame épique.
Nous cédons la parole au sergent.
Son journal était destiné à son père, à l'obligeance duquel nous en devons la communication.
Mon cher Papa,
Vingt-trois jours de repos à Baguessé, tu ne te figures pas le bien que cela nous a fait.
Depuis deux semaines au moins, pas de fièvre.
Je rengraisse.
Entre nous j'en avais besoin. Je finissais par ressembler à notre ami Martin, le maître d'école que tu appelles toujours «mon vieux squelette». Mais à présent je suis presque gras.
C'est égal, j'en aurai du plaisir à me retrouver auprès de toi, de tous nos amis, de bavarder le soir, en humant la bonne bière du père Lesterlé.