De cette façon, si l'ennemi se montrait, on le verrait nettement, tandis que lui-même ne pourrait apercevoir ses adversaires.

Et ces précautions tactiques prises, les sentinelles placées, tout le monde s'endormit.

Au milieu du camp plongé dans le sommeil, un homme veillait.

Il s'était assis devant sa tente et ses yeux sondaient incessamment les profondeurs mystérieuses de la forêt. Il était là, prêt à bondir à la moindre alerte, à défendre ceux qui marchaient sous ses ordres.

Le repos qu'il avait ménagé à ses soldats, le chef ne se l'accordait pas.

Cependant rien ne troubla la mission. La nuit s'écoula paisible, la clarté du jour reparut.

Alors les travaux furent repris.

A quatre heures du soir, les derniers abatis cédaient à l'effort des ouvriers noirs et, sans perdre un instant, la colonne se remettait en marche.

A sept heures, elle débouchait sur une plage de sable doré.

L'Oubanghi formait en ce point une anse assez profonde, dont la rive dénudée était entourée, en arc de cercle, par la lisière de la forêt.