Les tirailleurs sénégalais sont de merveilleux soldats. Ils ont l'intuition de la guerre et, après quelques mois de service, aucune surprise ne les prend au dépourvu.
Agenouillés derrière le rempart formé par les bagages de la colonne, le doigt sur la détente de leurs armes, ils attendaient.
Mais rien ne parut. C'était une fausse alerte.
Un factionnaire, surpris par l'approche d'un crocodile qui avait rampé jusqu'à lui, avait fait usage de son fusil pour éloigner cet incommode voisin.
A cette nouvelle, chacun retourna se coucher, et la nuit s'acheva sans autre incident.
Huit jours plus tard, toute la flottille était à l'eau.
L'embarquement s'opéra sans encombre et la navigation fut reprise.
Rien ne s'opposa au passage de l'expédition.
A deux ou trois reprises, alors que l'on franchissait des canaux resserrés entre des îles boisées, quelques flèches, quelques coups de feu partirent de la rive belge, à l'adresse des voyageurs.
Le tirailleur Houza fut légèrement blessé au bras.