Les Anglais braquaient leurs lorgnettes sur ce point, au voisinage duquel des noirs de la race Obamba, les plus beaux de formes et de visage de tout le Congo français, travaillaient à l'édification d'un vaste hangar.
—Voilà bien les trois vapeurs, grommelait Bright avec des grimaces mécontentes: le Faidherbe, le Duc-d'Uzès, la Ville-de-Bruges....
—Et les trois chalands en aluminium, continua sa fille,
—Ainsi que les deux chalands en acier et la flottille de pirogues. Il n'y a pas à en douter. L'expédition qui a motivé de tels préparatifs doit être longue et lointaine.
—Le Nil, mon cher père, je vous l'ai affirmé.
—Je vous crois, Jane, je vous crois. Je sais par expérience combien votre tête est solide. Et ces gens doivent remonter le Congo, l'Oubanghi?
—Oui.
—Et après?
—J'ai cru comprendre qu'une fois arrivés à la limite des eaux navigables ils se dirigeraient vers le Nord jusqu'à Dem-Ziber, puis infléchiraient leur marche vers l'Est en contournant les marécages du Bahr-el-Ghazal par les provinces méridionales du Kordofau, en vue d'atteindre le Nil à hauteur de la bourgade de Fachoda.
Bright leva les bras au ciel.